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3 conseils pour démarrer son entreprise en 2019

By: Cyril Déléaval | janvier 9, 2019 | 3 min de lecture

Depuis que j’ai rejoint GENILEM en été 2017, j’ai la chance de rencontrer au quotidien beaucoup de personnes qui ont (ou envisagent) un projet entrepreneurial. Je trouve ceci très enrichissant mais, après les avoir écoutés depuis 18 mois, je me demande si toutes sont motivées pour les bonnes raisons.

En effet, pour certaines d’entre elles, « avoir une start-up » semble être une fin en soi ; comme si c’était quelque chose de cool ou fun.

Evidemment, je trouve que la création et le développement de projets entrepreneuriaux constituent toujours une aventure passionnante ; pas forcément rémunératrice en terme de cash mais au moins, en terme d’émotions et d’apprentissage sur soi, sur la vie, ses acteurs et leurs interactions.

Et aujourd’hui, j’ai envie de partager 3 conseils que je trouve essentiel AVANT de se lancer :

Résoudre des problèmes qui comptent (réellement)

Il y a plein d’idées qui sont excellentes, mais combien résolvent réellement un problème qui en est vraiment un ? Et surtout, est-ce que les futurs clients ont-ils conscience de ce problème et sont-ils prêts à payer pour sa résolution ? Si c’est le cas, alors oui, je pense qu’une start-up (je préfère d’ailleurs le terme « PME ») vaut la peine d’être créée. Trop souvent, les créateurs de start-ups sont obnubilés par la dimension technologique de leur projet, en oubliant ce qui est essentiel à mes yeux : le besoin qu’ils permettent de résoudre pour leurs futurs clients !

Et cette résolution du problème doit pouvoir être racontée en 15 secondes (le fameux elevator pitch), si possible sous la forme d’une jolie petite histoire. En effet, les consommateurs étant plus guidés dans leur acte d’achat par une adhésion à une histoire et un cadre du monde, ils vont rationnaliser cette décision (l’achat) par des faits chiffrés ou non.

Suivre ses chiffres (data driven)

Tout le monde connaît l’adage : les chiffres ne mentent pas. Et c’est d’autant plus important au démarrage d’un projet. Il faut être obsédé par « ses » chiffres qui sont autant de mesures de son activité. Ces metrics sont des indicateurs des nombreuses décisions à prendre et donc des chemins à suivre. Ce sont les meilleurs alliés pour déterminer ou se trouve la traction et éventuellement le pivot à effectuer.

S’associer, oui non peut-être

« Seul on va vite, ensemble on va loin », « on est plus fort à deux », etc.. autant d’adages qui démontrent l’utilité de ne pas entreprendre seul. Mais attention à s’associer avec des profils complémentaires ! Quatre ingénieurs en microtechnique de l’EPFL ne constituent pas selon moi une équipe complémentaire pour démarrer un business. Je le verrais plutôt comme une somme incroyable de force de travail et de compétences spécifiques. Il faut donc plutôt rechercher la complémentarité, voir la diversité.

La base de la relation doit être saine, donc juste équitable. Ici encore, je rencontre beaucoup de porteuses/porteurs de projets qui ont une idée et qui cherchent une/un associé/e pour coder gratuitement leur concept puis maintenir une solution en échange de quelques actions. Est-ce vraiment la bonne chose à faire ? je ne pense pas.

Pour conclure

Avant de quitter son emploi (rémunéré mensuellement) et/ou d’investir toute sa prévoyance, je pense que, en mode lean, il est essentiel d’avancer par étape.

La première étape consiste à valider la désirabilité de son projet. Ceci se fait en répondant à 3 questions : est-ce que la cible a conscience du problème que vous souhaitez résoudre ? est-ce que cette cible est prête à payer ? est-elle prête à payer à vous (êtes-vous perçu comme légitime pour résoudre ce problème) ?  

Cette première étape « oblige » la porteuse / le porteur de projet à définir sa cible (segmentation de marché) et son offre (proposition de valeur).

La deuxième étape consiste à tester la faisabilité, en mettant si possible dans les mains de premiers utilisateurs un prototype. Le but est double : d’abord s’assurer qu’on sera capable de ‘livrer’ la promesse faite à l’étape précédente ; ensuite récolter des feedbacks des utilisateurs qui devront être les 1ers clients.

Et comme le dit Reid Hoffman “if you are not embarrassed by the first version of your product, you have launched too late”.

Enfin, la dernière étape doit tester la viabilité du projet en regardant d’une part la marge nette du produit/service proposé ET d’autre part la taille du marché (afin de comprendre l’ambition raisonnable).

Si tous les feux sont au vert, alors je pense qu’il est raisonnable de se lancer !

Alors ? est-ce que votre idée / projet va-t-elle se concrétiser en 2019 ??