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Communauté : 6 apprentissages concrets pour faire grandir son entreprise

By: GENILEM | juillet 7, 2026 | 6 min de lecture

Lors d’une conférence en ligne organisée par GENILEM, nos ambassadeur·rices 2026 Mélanie et Soizic Romero – cofondatrices de Royaume Melazic, et Tanguy Ecoffey – fondateur de Robin des Fermes, ont partagé leur expérience autour d’un sujet qui questionne beaucoup d’entrepreneur·euses : comment réussir à créer une communauté engagée, utile et durable autour de son projet ?

Voici six apprentissages qui en sont ressortis

1. Une communauté, ça ne se décrète pas

On aimerait parfois pouvoir “créer une communauté” comme on crée une page LinkedIn ou un compte Instagram. Dans les faits, c’est beaucoup plus subtil.

Pour Mélanie et Soizic, une communauté, ce sont d’abord “des gens qui nous suivent dans nos aventures”. Des personnes qui s’attachent à l’univers de Royaume Melazic, à leur énergie, à leur manière de raconter ce qu’elles vivent, pas seulement à leurs cupcakes ou biscuits décorés.

Même logique chez Robin des Fermes. Pour Tanguy, la communauté repose avant tout sur “une notion de valeurs communes”. Les personnes qui suivent le projet n’achètent pas seulement des paniers de produits frais et locaux. Elles partagent aussi une certaine vision de l’alimentation, du lien aux producteur·rices et des circuits courts.

La leçon est simple : avant de chercher à “animer une communauté”, il faut déjà savoir ce qui rassemble les gens autour de votre projet.

À retenir : une communauté ne naît pas d’un plan parfait. Elle naît souvent d’une vision claire, sincère et partagée.

2. Pas besoin de surjouer : l’authenticité suffit souvent

Chez Royaume Melazic, la communication s’est construite naturellement. Bien avant les stratégies de contenu, il y avait surtout l’envie de partager une aventure, des coulisses, des moments drôles, des galères, des réussites.

On n’a pas de plan de communication. On a essayé plein de fois de faire des choses plus structurées, mais on s’est rendu compte que ça ne nous ressemblait pas. Ce qu’on a envie de faire avec nos réseaux, c’est de l’authenticité et du spontané.

C’est peut-être là que se joue une grande partie de la force de Royaume Melazic : Mélanie et Soizic ne donnent pas l’impression de “faire du contenu”. Elles embarquent les gens dans leur quotidien d’entrepreneuses.

Mais leur exemple ne veut pas dire que tout le monde doit devenir très présent sur les réseaux sociaux.

Tanguy le dit avec beaucoup d’honnêteté : chez Robin des Fermes, Instagram n’a jamais été le canal le plus naturel. “La page Instagram, moi j’en fais des cauchemars. On a toujours été assez nuls là-dessus, pour être franc.

Et pourtant, Robin des Fermes a bel et bien construit une communauté solide. Simplement, elle ne vit pas principalement sur Instagram. Elle se construit par WhatsApp, par e-mail, par téléphone, sur le terrain, dans les échanges directs avec les clients.

À retenir : le bon canal n’est pas forcément celui à la mode. C’est celui que vous arrivez à utiliser avec authenticité, régularité et plaisir.

3. Les coulisses intéressent plus qu’on ne le croit

Quand on lance une entreprise, on a souvent l’impression qu’il faut attendre d’avoir quelque chose de “parfait” à montrer : un produit fini, une belle photo, un grand succès… Une annonce importante.

En réalité, les gens s’intéressent aussi énormément au chemin.

Mélanie et Soizic le rappellent très bien : “N’importe quel concept d’entreprise a ses coulisses. Et je pense qu’on sous-estime beaucoup l’intérêt des gens pour les coulisses.”

Montrer les coulisses, ce n’est pas tout raconter, ni s’exposer en permanence. Cela peut être très simple : le montage d’un stand, une préparation de commande, un test produit, une situation drôle, un imprévu, une pile de cartons, une recette en cours, un événement qui se prépare.

Chez Royaume Melazic, une story montrant une pile de boîtes de cupcakes presque aussi grande que Mélanie a par exemple beaucoup fait réagir. Rien de compliqué. Juste une scène vraie, prise sur le moment.

On se base sur ce qu’on vit dans notre quotidien et on se dit : tiens, ce regard-là pourrait être marrant, et peut-être résonner chez d’autres personnes.« 

Pour un·e entrepreneur·euse, c’est une bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire d’inventer des contenus extraordinaires. Votre quotidien contient déjà beaucoup de matière. Encore faut-il apprendre à le regarder avec les yeux de votre communauté.

À retenir : les coulisses rendent visible l’énergie, le travail et l’humain derrière l’entreprise. Et c’est souvent ce qui crée le lien.

4. Écouter ses clients, oui. Tout appliquer, non.

Une communauté peut devenir une source incroyable de retours, d’idées et d’améliorations. Mais attention : écouter ne veut pas dire obéir à tout.

Robin des Fermes a très tôt impliqué ses client·es et ses producteur·rices dans le développement de sa plateforme : sondages, échanges directs, groupes WhatsApp régionaux, appels téléphoniques. L’entreprise a beaucoup demandé, beaucoup testé, beaucoup appris.

Mais Tanguy met en garde contre un piège fréquent :

Il ne faut pas juste naïvement appliquer ce que disent les clients. Il faut essayer d’interpréter, de poser les bonnes questions, pour qu’ils parlent de leur problème et pas seulement de comment le résoudre.

Un exemple très concret : certains client·es disaient vouloir choisir entièrement le contenu de leur panier. L’équipe a donc développé cette possibilité. Mais à l’usage, elle a compris que ce n’était pas exactement cela le besoin. Les client·es voulaient de la flexibilité, oui. Mais pas forcément devoir composer eux-mêmes tout leur panier chaque semaine.

Même constat chez Royaume Melazic. Les client·es demandaient parfois plus de couleurs dans les collections textiles, mais continuaient à acheter surtout du noir et blanc. Autre exemple : une forte demande exprimée pour des produits sans gluten, qui ne s’est finalement pas traduite en ventes suffisantes.

Il faut écouter, mais il faut aussi savoir où l’on veut aller. Ce n’est pas parce que quelqu’un demande quelque chose qu’il faut tout changer.

C’est un apprentissage clé pour toute jeune entreprise : les retours des consommateur·rices sont précieux, mais ils doivent être analysés. Une demande exprimée n’est pas toujours un vrai marché. Et un avis très enthousiaste ne garantit pas un achat.

À retenir : écoutez vos client·es, mais gardez votre rôle d’entrepreneur·euse. C’est à vous d’interpréter, tester, mesurer et décider.

5. Une communauté peut vraiment faire progresser l’entreprise

Quand elle est bien mobilisée, une communauté ne sert pas seulement à “faire parler” de l’entreprise. Elle peut aussi aider à améliorer très concrètement le produit, le service ou l’expérience client·e.

Tanguy raconte par exemple l’appel d’une cliente dont le panier était arrivé abîmé. L’équipe aurait pu traiter cela comme une simple réclamation. Elle en a fait un point de départ pour améliorer ses livraisons : ajout de paille au fond des caisses, autocollants “fragile”, meilleures consignes liées au soleil, ajustements logistiques.

Quelques mois plus tard, cette cliente a rappelé pour dire que ses remarques avaient été prises en compte.

Ce type d’échange est très fort. Il montre à la cliente que son avis compte vraiment. Et il permet à l’entreprise de progresser à partir du terrain.

Chez Royaume Melazic, les soirées “goûteurs” ont joué un rôle similaire. Les fondatrices invitaient leur communauté à tester de nouvelles recettes et à donner leur avis. Ces moments créaient à la fois du feedback, du lien et de futurs ambassadeurs. “Les personnes qui venaient à la soirée des goûteurs devenaient nos meilleures ambassadrices, parce qu’elles en parlaient autour d’elles.”

C’est là qu’une communauté devient un vrai levier entrepreneurial : elle aide à tester, améliorer, recommander, rassurer, faire connaître.

À retenir : une communauté engagée ne donne pas seulement de la visibilité. Elle peut devenir un véritable outil d’apprentissage et d’amélioration continue.

6. Être proche de sa communauté ne veut pas dire être disponible tout le temps

Créer du lien, c’est puissant. Mais cela peut aussi prendre beaucoup de place.

Mélanie et Soizic le disent avec beaucoup de sincérité : au début, les messages négatifs pouvaient les toucher très fortement. “Au tout début, un message négatif nous bouffait pendant des jours. On n’arrivait pas à dormir.”

Avec le temps, elles ont appris à prendre du recul, à ne pas répondre à tout immédiatement, à accepter de disparaître parfois des réseaux pendant quelques jours. “On a appris à se mettre des limites. Le soir, j’essaie de me dire : non, je ne vais pas répondre aux clients, je ne vais pas regarder les commentaires. En fait, tout peut attendre.”

C’est un point important. Être authentique ne veut pas dire tout partager. Être proche de ses client·es ne veut pas dire répondre 24h/24. Impliquer sa communauté ne veut pas dire lui promettre tout ce qui est en réflexion.

Tanguy le rappelle aussi : lorsqu’on partage trop vite des idées ou des pistes de développement, la communauté peut ensuite attendre leur concrétisation. “Le petit piège, c’est de ne pas survendre trop de choses. Il faut faire attention à ne pas trop s’engager non plus.

Pour une jeune entreprise, cette limite est essentielle. Une communauté doit soutenir l’énergie entrepreneuriale, pas l’épuiser.

À retenir : une relation saine avec sa communauté se construit aussi avec des limites claires.

Conclusion

L’expérience de Royaume Melazic et de Robin des Fermes montre une chose très simple : une communauté ne se résume pas à un nombre d’abonné·es.

Une communauté, ce sont des personnes qui comprennent votre projet, qui s’y reconnaissent, qui vous font confiance, qui vous donnent du feedback, qui parlent de vous et qui ont envie de voir votre entreprise avancer.

Cela demande du temps, de la cohérence, de l’écoute, de la sincérité. Et aussi la capacité à ne pas vouloir plaire à tout le monde.

Plutôt que de “faire de la communauté” comme on coche une case marketing, l’enjeu pour les entrepreneuses et les entrepeneurs est de créer une relation de confiance avec les bonnes personnes : celles qui peuvent devenir clientes, testeuses, relais, ambassadrices, partenaires… et parfois même investisseuses.

Chez GENILEM, nous le voyons souvent : les jeunes entreprises qui avancent bien sont celles qui savent écouter le terrain, sans perdre leur direction, et qui sont profondément motivées par l’envie de construire quelque chose qui compte vraiment pour leur communauté.


Pour aller plus loin

Visionner la conférence en ligne (Youtube)

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