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Les Game-Changeuses : ce que cette journée dit de l’entrepreneuriat porté par les femmes

By: GENILEM | février 18, 2026 | 6 min de lecture
game-changeuses atelier

Monter son projet et développer son activité est un parcours semé d’embûches, encore plus nombreuses et insidieuses pour les femmes. GENILEM qui accompagne les porteuses et porteurs de projets romands depuis plus de trente ans le constate et y répond par une journée dédiée. L’occasion d’un état des lieux en la matière.

1-Une soif d’entreprendre et de partager

Un board dédié au réseautage saturé de messages, des pauses où les discussions s’enchaînent non-stop, une pluie de commentaires enthousiastes sur les réseaux – « une journée enrichissante, bienveillante, énergisante, des prises de parole transparentes, accessibles, décomplexées » : la journée des Game-Changeuses a manifestement répondu à une attente profonde, l’envie de se rencontrer, de se former sur des enjeux vitaux – lever des fonds -, de poser des questions sans tabou. La participation record à cette journée – près de 100 personnes – l’atteste : sur Vaud et Genève, les femmes ont soif d’entreprendre. Monter son propre business, loin d’être un choix rare ou incongru est devenu pour elles un projet professionnel comme un autre. Et autour d’elles, un écosystème est en train de se former.

2-Les biais, toujours une réalité

Les freins à l’entrepreneuriat féminin sont anciens et ancrés. A l’origine de l’événement, un constat de GENILEM : les femmes disparaissent au fil du processus de recrutement de l’association. Pour comprendre cet effacement, GENILEM a sollicité Emmanuelle Streit, une étudiante de la HEG (HES-SO) Valais pour un travail de bachelor sur le sujet. Une série de facteurs culturels, sociétaux, psychologiques expliquent que beaucoup de porteuses de projets s’interrompent juste avant une étape décisive en raison d’un manque de confiance en soi, d’une défiance d’un milieu qui les accueille parfois avec des biais inconscients.

Face à cette perte sèche de talents pour la scène entrepreneuriale locale, GENILEM décide d’aller au-delà et contribue à construire une réelle égalité des chances, en créant une journée dédiée à l’entrepreneuriat et au financement, les Game-Changeuses. Pas de militantisme ici, mais des ateliers pratiques et concrets pour dépasser les biais, être outillée et changer de posture.

Inégalités d’accès au financement, biais genrés dans de nombreux secteurs, charges familiales inéquitablement réparties, faibles retraites… Près de dix ans après #metoo, les disparités sont connues et analysées. Et puisque les structures sociales mettent des générations à changer, la conversation s’est déplacée. Plutôt que de revenir sur l’équilibre vie professionnelle / privée ou la maternité, les entrepreneuses, quand elles se rencontrent, échangent sur leur business, partagent des conseils, construisent ensemble malgré les contraintes et sans victimisation, ni ressentiment. Le changement vient aussi de là.

3-Les femmes prennent en main leurs finances

Lever des fonds, gérer au mieux sa trésorerie : les questions financières des participantes sont précises et concernent tous les aspects de la vie de l’entreprise. Quels sont les KPIS essentiels dans mon activité ? Comment calculer le coût d’acquisition de nouveaux clients ? Quelles méthodes pour valoriser ma société ?… Les entrepreneuses gèrent leurs finances et ne veulent pas déléguer cet aspect. Au contraire, elles souhaitent des outils toujours plus clairs et fonctionnels pour piloter leur activité.

4-L’entrepreneuriat, une boîte noire quand on se lance

Barbara Lax, Margaux Peltier, Maddalena di Meo : parmi les panellistes, plusieurs entrepreneuses à succès. Toutes ont reconnu avoir manqué de conseils ou d’une info-clé à un moment ou à un autre de leur parcours. Les guides, réseaux, incubateurs et cours d’entrepreneuriat ont beau se démocratiser, entreprendre demeure une aventure hautement singulière et individuelle, avec son lot d’inconnus et de surprises. Que l’on soit femme ou homme, c’est égal, personne ne maîtrise totalement le jeu et c’est normal puisque pour réussir, il faut expérimenter et rebondir après l’échec. « Au final, l’alpinisme c’est facile en comparaison avec la création d’entreprise », résume Christine Vogondy, entrepreneuse et alpiniste.

5-Le partage sans baratin, une valeur sûre

Zéro cachotterie, et une transparence à toute épreuve : lorsqu’elles prennent le micro, les entrepreneuses partagent volontiers leurs problèmes du moment, font jouer l’intelligence collective et recherchent les meilleures solutions. C’est cash, c’est drôle, c’est authentique. L’entraide, l’écoute et la force du réseau sont des valeurs fortes au sein de GENILEM, mais aussi dans la communauté des femmes entrepreneuses. Pas de guerre d’égo. Une soif d’échanges, d’apprendre mais aussi de transmettre, qui révèle aussi une envie particulière de se rencontrer, s’entourer et pourquoi pas collaborer.

6-Leadership : face au risque, changer de posture

Et si plutôt que de fuir le risque, il fallait l’assumer comme une part d’identité ? Travailler sa posture d’entrepreneuse et affronter l’adversité et les imprévus aujourd’hui ne consiste pas à « s’empouvoirer » ou chercher à acquérir des qualités externes, mais plutôt à bien se connaître. Identifier ses valeurs, s’accrocher à ses intentions, connaître son « why », conscientiser ses forces, s’appuyer sur ses propres ressources – souvent insoupçonnées ! Et les développer. Autant de dimensions explorées dans des ateliers dédiés.

7- Je bootstrappe donc je suis, et je survis !

Le bootstrap, c’est cette petite boucle sur une botte qui permet de l’enfiler facilement. Dans l’entrepreneuriat cela veut dire amorcer son activité avec peu de moyens mais en attendre de grands effets. Une vision adoptée par de très nombreuses participantes, en particulier les solopreneuses. Pour elles, pas de grandes levées de fonds, mais une série de solutions ingénieuses pour se lancer sans brûler beaucoup de cash et construire d’abord une base de clients solide. Trois mots indispensables à la santé de son entreprise au démarrage: frugalité, vision lean et cash flow ! Une méthode largement encouragée par les coaches de GENILEM.

8- Mentors et retours clients : s’entourer pour mieux gérer

Une idée reste à casser, celle de l’entrepreneuriat comme un job solitaire. C’est au contraire une activité éminemment sociale – et la socialisation genrée constitue ici un atout pour les femmes. Pour construire son projet, valider son idée, il faut pouvoir la soumettre rapidement à des utilisateurs, écouter leurs retours, itérer, voire co-créer avec eux.

Et pour croître, il est indispensable d’échanger sur sa stratégie, ses problématiques ou ses doutes avec des mentors, des coachs ou des pairs. La communauté, c’est clef. Un client constitue peut-être un premier investisseur, une communauté réunie autour d’un projet apporte une crédibilité lorsqu’on lève des fonds pour celui-ci.

9-Renoncer, le nouveau superpouvoir

L’époque est à la saturation informationnelle et au FOMO ? Savoir dire non est le vrai super pouvoir des entrepreneuses aujourd’hui. Renoncer est indispensable pour prendre des décisions alignées avec soi-même, asseoir son leadership, éviter les pertes de temps – facteur si précieux. Ce qui veut dire très concrètement éconduire un investisseur avec qui le feeling ne passe pas, fixer des objectifs pour chaque rendez-vous. L’alignement et savoir écouter ‘ses tripes’- être au clair sur ses intentions et valeurs pour faire des choix cohérents, en pleine conscience – est aussi une manière de se différencier.

10 – Les clés pour lever des fonds sans faux pas : lucidité, méthode et choix structurants

Financer son projet est l’épreuve primordiale et inévitable de tout parcours entrepreneurial. Une série d’ateliers concrets ont permis de démystifier et d’anticiper cette étape majeure : comment structurer son offre, construire un dossier solide, maîtriser son timing. S’il existe de multiples pistes de financement, l’enjeu est de comprendre ses besoins, les critères de chaque investisseur, et d’éviter dès le départ, les erreurs – juridiques, stratégiques -. Enfin, lever des fonds constitue un marathon qui demande des outils, une communauté, une posture, une organisation… Une aventure propre à chaque entreprise, et qui ne s’improvise pas.

Crédit photos : Lucie-Charlotte Bocquet


À propos de l’événement

Organisée le 12 février 2026 par GENILEM, en partenariat avec la BCGE, la FAE et la Fondetec, la journée Les Game-Changeuses s’inscrit dans l’engagement de l’association en faveur d’un entrepreneuriat plus inclusif et diversifié. Née du constat que, malgré une forte présence des femmes aux premières étapes du parcours entrepreneurial, leur accès aux réseaux, à la sélection et aux financements reste inégal — cette initiative a réuni entrepreneuses et entrepreneurs, investisseur·euses et expert·es de l’écosystème romand pour ouvrir un dialogue constructif et mettre en lumière des leviers concrets pour rééquilibrer les chances.